Mme George Pau-Langevin alerte Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la diminution de l’enveloppe allouée aux contrats aidés à 300.000 contrats en 2017 et moins de 200.000 en 2018 alors qu’ils étaient 459.000 en 2016.

Cette annonce, d’une diminution drastique et sans concertation préalable est très préoccupante quant au sort qui attend les jeunes gens les moins qualifiés, les personnes les plus éloignées de l’emplois, les hommes et les femmes en situation de handicap et, par voie de conséquence, les associations, les collectivités locales, et l’économie sociale et solidaire dans son ensemble. Les personnes handicapées, les jeunes peu qualifiés, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs de longue durée, les seniors sont les principaux bénéficiaires de ces dispositifs qui favorisent le retour à l’emploi et à la formation en accordant aux employeurs des aides publiques sur une part variable du salaire ou exonèrent les entreprises de cotisations sociales.

Sans ces aides, les uns comme les autres ne seraient pas en capacité d’embaucher et de faire confiance. Les personnes handicapées seront les plus impactées par ce coup de rabot aussi prématuré qu’irréfléchi.

Qu’on en juge plutôt : 44.000 personnes handicapées ont bénéficié de cette mesure en 2015, soit près de 40% des contrats de plus d’un an, signés par l’ensemble de celles-ci, sur la même période. En outre, les personnes handicapées seront frappées d’une double peine, puisqu’un nombre conséquent des accompagnants spécialisés qui leur viennent en aide ,sont eux-mêmes embauchés sous ce régime contractuel. Au sein de l’Education nationale, par exemple, ce sont près de 50.000 auxiliaires de vie scolaire qui risquent, à terme, de voir leur poste supprimés, et autant d’élèves particulièrement fragiles de voir leur insertion mise en péril.

Le secteur scolaire et périscolaire est lui aussi menacé : assistants administratifs des directeurs d’école, assistants à la vie scolaire dans le secondaire, agents d’entretien dans les écoles maternelles et primaires, surveillants des cantines et de l’étude, animateurs dans les centres de loisirs pour les enfants que leurs parents ne peuvent faire garder les mercredi après-midi ou durant les périodes de vacances scolaires. Sans oublier, bien entendu, le tissu associatif dans son ensemble, qui oeuvre chaque jour, dans les quartiers les plus populaires pour l’insertion professionnelle, pour le lien social, pour l’éducation, pour la culture et la lutte contre les discriminations.

Elle lui demande comment pourvoir désormais à ces actions de solidarités ?