Revaloriser le travail, c'est d'abord travailler tous ! Débat avec Jean Le Garrec, boulevard Davout
Posté le dim, 01/04/2007 - 23:00par La rédaction
Mardi 27 mars, j’organisais dans le cadre des réunions du changement pour Ségolène Royal, un café-politique consacré à un sujet crucial pour nombre de nos concitoyens : « Revaloriser le travail, c’est d’abord travailler tous », avec comme intervenant, Jean Le Garrec, ancien ministre de l’emploi de François Mitterrand. Le débat était animé par Jean-Yves Autexier, mon suppléant aux élections législatives des 10 et 17 juin prochains.
Un mot d’abord sur le lieu qui a toute son importance. Nous avons choisi de porter le débat là où sont les citoyens. Et c’est pourquoi, nous nous sommes retrouvés au milieu des habitués du Café « l’Etoile de Montreuil », sur le boulevard Davout, dans un quartier situé près du périphérique, où nous avons repris depuis plusieurs mois la bonne habitude d’être présent. Je remercie le patron du Café de son accueil, mais aussi Jean Le Garrec et l’assistance, près d’une cinquantaine de personnes, d’avoir permis ce débat dans des conditions parfois difficiles du point de vue acoustique !
Mais le sujet était suffisamment porteur pour que nous tenions cette réunion pendant plus de 2 heures. Un des signes de l’intérêt de notre démarche a été que plusieurs habitués se sont joints au débat et ont même acheté le livre de Jean Le Garrec, « Une vie à gauche » (éditions de l’Aube), moi-même y ayant gagné un dessin d’une petite fille, venue avec sa maman prendre une limonade, dessin que j’accrocherai dans ma permanence.
Mais le sujet était suffisamment porteur pour que nous tenions cette réunion pendant plus de 2 heures. Un des signes de l’intérêt de notre démarche a été que plusieurs habitués se sont joints au débat et ont même acheté le livre de Jean Le Garrec, « Une vie à gauche » (éditions de l’Aube), moi-même y ayant gagné un dessin d’une petite fille, venue avec sa maman prendre une limonade, dessin que j’accrocherai dans ma permanence.
Tout d'abord, Jean Le Garrec a salué le courage et la ténacité de Ségolène Royal, qui malgré les attaques de toutes part est restée déterminée et concentrée sur son objectif. Il est vrai que dans cette campagne, tous les arguments sont permis, mais ils ne sont pas tous pertinents !
Revenant sur l'argument de la droite "travailler plus pour gagner plus", Jean Le Garrec rappelle que la politique de la droite en matière d'emploi n'a pas fait ses preuves. Si sous le gouvernement Jospin, la gauche a créé près de 2 millions d'emploi en 5 ans et diminué le chômage de 900 000 (notamment avec les emplois jeunes, la diminution du temps de travail et la croissance), la droite elle depuis 5 ans n'a crée que 230 000 emplois et a replongé le pays à un niveau de chômage équivalent à celui de 1981.
En outre, le CNE montre qu'on veut se débarrasser du salarié sans aucun motif; ce qui constitue une grave remise en cause de la protection offerte par le code du travail. D’ailleurs, sur cette question, l'Etat français est aujourd'hui attaqué par le Bureau International du Travail (BIT).
Jean Le Garrec a montré à l’assistance ce qu’est le « contrat de travail du type CNE » qui ouvre la porte à toutes les dérives du droit du travail. C’est pourquoi, une de nos propositions est de faire du CDI le contrat de référence pour répondre au désordre et à la précarité distillée par la droite.
Jean Le Garrec a montré à l’assistance ce qu’est le « contrat de travail du type CNE » qui ouvre la porte à toutes les dérives du droit du travail. C’est pourquoi, une de nos propositions est de faire du CDI le contrat de référence pour répondre au désordre et à la précarité distillée par la droite.
Il a été d’ailleurs achevé son travail de parlementaire et clos la session parlementaire sur la mise en cause du CNE. Cette question doit être tranchée par l’élection présidentielle. Comme le souligne encore actuellement le pacte présidentiel qui se base sur trois piliers :- revalorisation des rémunérations;
- négociation autour du temps de travail;
- amélioration des conditions de travail en partenariat étroit avec les partenaires sociaux.
Jean Le Garrec a ensuite insisté sur la nécessité de lutter contre le chômage de deux catégories particulièrement touchées de la population: les plus de 55 ans trop rapidement écartés du marché du travail, les moins de 25 ans qui peinent à y entrer. Il propose :- de remettre à plat le système des aides aux entreprises ;
- de revoir le système des contrats aidés ;
- de réglementer les relations entre les donneurs d'ordre...
Il conviendra aussi de renforcer le syndicalisme et les moyens des salariés dans la négociation, ce qui suppose aussi un syndicalisme européen fort et dynamique. Enfin, il s’est déclaré choqué par le système de stock options ou d’indemnités que se versent des dirigeants d’entreprise, qu’ils aient réussi ou échoué, prenant en contre exemple d’autres dirigeants qui ont une certaine éthique de la responsabilité sociale de l’entreprise. La fin de notre débat nous a permis aussi de saluer d’autres facettes de Jean Le Garrec qui reste un grand parlementaire et qui a choisi volontairement de ne pas se représenter dans sa circonscription du Nord pour laisser à d’autres talents le soin de porter nos couleurs. Je veux aussi lui rendre hommage car nous nous sommes connus, il y a longtemps déjà ( !) lorsqu’il était un des rares à défendre les droits des travailleurs migrants. Enfin, il fut et c’est à son honneur, celui des parlementaires socialistes à déposer dès 1992, une proposition de loi reconnaissant les responsabilités de l’Etat Français dans la déportation de juifs.
Bref, une « vie à gauche » assurément qui ne s’achève pas mais qui se poursuit dans le soutien qu’il m’apporte, dans son engagement aux côtés de Ségolène Royal et dans sa capacité à défendre un autre modèle social ou le droit au travail pour tous et la croissance ont partie liée.
Bref, une « vie à gauche » assurément qui ne s’achève pas mais qui se poursuit dans le soutien qu’il m’apporte, dans son engagement aux côtés de Ségolène Royal et dans sa capacité à défendre un autre modèle social ou le droit au travail pour tous et la croissance ont partie liée. George Pau-Langevin
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