Café campagne du 18 avril au Berbère Rock Café, Vivre ensemble, introduction de Roger Jedikian

Cher(e)s ami(e)s,
 
 
 
Je vous remercie d’être venus participer à ce débat sur le Vivre Ensemble dans la France de la Diversité.
 
 
 
Dans cette période électorale, les questions des communautarismes et de l’identité nationale que certains juxtaposent au problème de l’immigration se trouvent au cœur des projets présidentiels. Il s’agit d’un sujet majeur pour lequel, loin des caricatures médiatiques et des préjugés partisans, le témoignage de votre réflexion, de votre vécu et de vos espérances est essentiel.
 
 
 
Un des principes fondamentaux de la République Française est de ne connaître que des citoyens « sans distinction d’origine, de race ou de religion ».  Ceci est le socle fondateur d’un peuple Français un et indivisible, d’une société composée d’individus libres et autonomes, c’est à dire capable de s’abstraire des déterminismes culturels, religieux ou économiques.
 
Le projet d’avenir que nous propose le pacte présidentiel de Ségolène Royal s’inscrit tout naturellement dans cet ordre républicain. En effet, l’ordre juste ce n’est pas le communautarisme qui sépare au lieu de réunir, qui gomme le peuple souverain en gérant la division et la concurrence communautaire. Diviser pour mieux régner semble avoir été le leitmotiv du pouvoir au cours de ces 5 dernières années. Plutôt que de s’attaquer aux causes sociales ou économiques du mal vivre de certains, nous avons assisté à la fragmentation du corps social à travers des juxtapositions ethniques, religieuses ou sexuelles. C’est ainsi que nous avons vu apparaître les concepts de minorités victimaires, de lois mémorielles, de minorités visibles ou encore de discrimination positive.
 
Or, l’ordre juste ce n’est pas non plus, la discrimination positive si chère à Nicolas Sarkozy. Une discrimination n'est pas positive ou négative : elle discrimine, c'est tout. Décider qu'elle est positive, c'est légitimer la discrimination. C'est aussi tenter de masquer la crise sociale par des artifices. Elle institue le comptage ethnique comme aux pires périodes de notre histoire que furent celles de l’esclavage, de la colonisation et du régime de Vichy. Elle dévalorise ceux qui souffrent des discriminations,  en instituant la couleur de peau ou l’origine ethnique comme un critère de recrutement.
 
Enfin, l’ordre juste c’est aussi la défense intransigeante de la laïcité, cette laïcité, ciment social qui permet à tous de vivre ensemble, quelles que soient les opinions et les croyances des uns et des autres. Qui place l'espace public au-dessus des partis et des clans, qui met l'accent sur ce qui rapproche les Citoyens et non sur ce qui les sépare. Qui est la promesse d'une société tolérante, respectueuse de la liberté absolue de conscience, intransigeante quant à l'influence séculière des religions.
 
 
Dans cette ville, dans cet arrondissement et, plus précisément dans ce quartier, nous vivons au quotidien cette France de la diversité. Nous avons appris à vivre ensemble, à nous comprendre, à nous apprécier et à nous enrichir mutuellement de nos différentes cultures. De nombreuses origines y sont représentées comme autant de couleurs sur la palette d’un peintre. Le tableau qui doit en jaillir représente notre avenir commun. Aussi, comme dans l’Art me semble-t-il, ce n’est qu’en conjuguant le plus justement possible chacune de nos nuances que nous pourrons atteindre cette indispensable harmonie seule garante de notre idéal républicain de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Je vous remercie de m’avoir écouté. Je vous donne la parole
 
 
Roger Jedikian

Fichiers attachés