Hommage à Willy Ronis, par Jean-Michel Rosenfeld

Il avançait d'un pas vif et tout à la fois distingué. Symbole, en compagnie de Robert Doisneau, de ce que l'on nommait la photographie humaniste, Willy Ronis aimait de la vie la tendresse et les sourires. En janvier 1996, il fut l'invité d'honneur du salon des artistes du 20ème arrondissement, à l'inititative de Jean-Michel Rosenfeld alors adjoint au Maire en charge de la culture.

Au coeur battant du vingtième arrondissement de Paris, l'artiste vivait toujours fidèle à ses principes, laïcs et néanmoins proches de sa mémoire familiale juive d'Europe centrale qui connut les pogroms. Sans doute était-il de ceux qui mangent casher avec les antisémites. Willy Ronis approchait des cent ans mais le siècle était toujours en mouvement sous son regard attentif. Il n'avait rien de complaisant : la défense des valeurs impliquait chez lui le sens du combat. Les ouvriers de ses photos donnaient à comprendre le monde au lieu de se présenter comme des titis de pacotilles. Même ses nues, comme sortis de quelque toile ancienne, renouvelaient le genre par une grâce inédite.

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