Université de l'Assemblée des femmes, jour 1 : débats sur la prostitution

Traditionnellement, avant l’ouverture de l’université du PS à la Rochelle, c’est l’Assemblée des Femmes qui tient ses propres rencontres. Le cru de cette année était particulièrement réussi.

 

Les débats ont porté sur la marchandisation du corps des femmes avec une première journée consacrée à la prostitution. Les députés Danielle Bousquet et Guy Geoffroy ont présenté leur rapport relatif à ce fléau, et contesté la tendance à légaliser le métier de travailleur(se) du sexe, estimant qu’il ne pouvait y avoir de la part des personnes concernées de réelle liberté de l’exercer comme un autre. Ils ont rappelé les violences voire les sévices, ou la tromperie amenant un certain nombre de jeunes filles ou de jeunes femmes à s’y livrer. Ils ont déploré la situation en Espagne, évoquant la Junquera, une très vaste maison close non loin de la frontière, estimant que les autorités, voire l’Eglise, préfèrent sacrifier des femmes prostituées pour préserver la paix des familles et éviter les adultères. Or, les femmes qui se livrent à cette activité en sont si peu épanouies qu’elles sont souvent obligées de se droguer pour faire face ou y sont conduites pour payer leur addiction.

 

Selon le rapport, légaliser la prostitution entraine une augmentation de celle-ci car les mafias savent qu’elles ne courent pas de risques en s’adonnant à cette source de profit. Par ailleurs cette orientation entraine aussi une augmentation des agressions sexuelles en répandant l’idée que le corps des femmes n’est pas à respecter. Au contraire, pénaliser les clients a une vertu pédagogique car leur rappelle que le corps d’autrui ne peut s’acheter. Dans les pays où cette pénalisation a été instaurée, la prostitution mais aussi les agressions sexuelles auraient diminué selon leur étude. Il ne s’agit pas de pudibonderie ou d’abstinence, car les pays nordiques qui ont instauré cette pénalisation du client sont aussi ceux qui ont développé une certaine liberté dans les rapports sexuels.

 

La question des aidants sexuels pour les handicapés évoque une difficulté réelle, mais le principe doit demeurer de ne pas tarifer un rapport sexuel. Il faut souligner que 80% des prostituées en France sont étrangères ce qui constitue une véritable traite des femmes. A cet égard, la régularisation des jeunes femmes étrangères, le plus souvent amenées sous la contrainte pour exercer cette activité, apparait nécessaire pour les soustraire à l’emprise de leur souteneur.

 

Il conviendrait donc de voter à l’Assemblée une résolution pour aller dans ce sens pour lutter contre cette forme de violence faite aux femmes mais surtout lancer un vaste débat sur ce sujet. L’essentiel bien sûr ne sera pas la pénalisation, mais l’éducation pour expliquer aux jeunes dès l’enfance le principe d’égalité entre hommes et femmes et la nécessité de respecter la dignité de chacun, donc son intégrité corporelle.

Fichiers attachés