Pourquoi nous combattrons la loi sur les retraites

C'est donc demain, le mardi 7 septembre, que le débat parlementaire sur la réforme des retraites va débuter.

 

Si nous convenons du fait qu'une réforme est nécessaire pour préserver l'équilibre de notre système répartition, nous, députés socialistes, dénoncerons l'injustice du projet du gouvernement et le cynisme de sa méthode.

 

Cynisme de sa méthode en faisant croire au dialogue social alors même que les syndicats n'ont jamais été véritablement écoutés ni entendus (Bernard Thibault confiait ce matin sur France Inter n'avoir de contacts qu'avec Raymond Soubie et ce, de façon très épisodique). Cynisme de sa méthode parce qu'il a voulu détourner l'attention du fond de sa loi et de la crise de système que constitue l'affaire Woerth-Bettencourt en lançant une offensive sécuritaire et en stigmatisant les Roms cet été. Mais bien que le gouvernement soit en échec total sur la sécurité et que celle-ci reste une préoccupation importante des Français et de la gauche car ce sont souvent les plus faibles qui la subissent, la question aujourd'hui prioritaire est sociale.

 

Aussi, les injustices présentes dans le projet du gouvernement sont multiples. Le report de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans va concerner avant tout les ouvriers et les employés qui ont commencé à travailler très tôt. Certains devront donc cotiser jusqu'à 46 ans ! Ce sont ceux qui ont les conditions de travail les plus difficiles et les salaires les plus bas qui vont cotiser le plus longtemps.

 

Le report de l'âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans fera, quant à lui, porter l'effort sur les classes moyennes, sur les mères de famille et sur nombre de jeunes qui, après de longues études, peinent à s'insérer sur le marché du travail.

 

Cette réforme aurait d'ailleurs pu être l'occasion de prendre en compte la pénibilité. Le parti pris de la droite sur ce sujet est surprenant : la pénibilité se jaugera a posteriori, c'est à dire après que la maladie professionnelle a été diagnostiquée et a entraîné une invalidité. C'est une conception réductrice de la pénibilité qui ne prend pas en compte nombre de professions exposées à des risques qui auront des conséquences après le départ en retraite.

 

Ce projet vise donc à faire porter l'effort de financement sur les salariés, alors même que d'autres solutions pour ramener notre système à l'équilibre, notamment prônées par le PS (sur lesquelles je reviendrai dans un prochain article), existent.

Fichiers attachés