L'instrumentalisation du drame de Pornic par MM Mercier et Hortefeux.

L'affaire de la jeune Laetitia enlevée à Pornic est particulièrement dramatique et chacun partage la détresse de ses proches.

Il semble toutefois que le gouvernement a cherché à utiliser ce drame en tirant des conclusions hâtives des enquêtes administratives sur les dysfonctionnements potentiels de la justice. Dès le 31 janvier dernier, et d'une façon peu courageuse, les ministres de la justice et de l'intérieur
ont pointé la responsabilité des fonctionnaires et magistrats placés sous leurs ordres : les magistrats auraient notamment effectué un tri dans les dossiers soumis aux services d'insertion. Ils réclament des sanctions à l'encontre des fautifs .

Il apparaît au contraire que, selon le Syndicat de la magistrature, les trois juges de l'application des peines du tribunal de Nantes avaient alerté à de nombreuses reprises leur hiérarchie des conséquences de l'absence d'un quatrième de leurs collègues dont le poste est vacant depuis un an. Les responsables des services d'insertion ont aussi fait valoir qu'ils ne pouvaient, faute de personnels suffisants, traiter tous leurs dossiers.

Cette affaire souligne avec une acuité inédite les conséquences du manque de moyens affectés à la justice et de la politique de suppression de postes mise en oeuvre par la droite depuis près de 10 ans. Elle pointe les limites de la politique spectacle : à ne légiférer qu'en fonction de faits divers instrumentalisés, à chercher à tous prix à cacher la misère de la justice par des lois purement déclaratoires, on affaiblit chaque jour davantage l'institution.

Il semble toutefois vain de chercher à pointer les responsabilités de quelques fonctionnaires ou de refaire des lois existantes déjà remaniées à de nombreuses reprises et encore récemment. Il est surtout urgent que les mesures préconisées par le rapport Lamanda, pour la prise en charge des délinquants sexuels dès le début de leur incarcération soient mises en oeuvre.

Les réponses des socialistes dans ce domaine avaient été concrètes et programmatiques : davantage de moyens, de psychiatres, une meilleure coordination entre les institutions judiciaires, carcérales et médicales. Mesures qu'on semble seulement envisager aujourd'hui. Décidemment ce gouvernement a une fois de plus démontré son incapacité à répondre aux problèmes des Français.
 

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