Besson face aux français de seconde zone

La droite va rompre le pacte républicain sur l'égalité entre citoyens français en élargissant les possibilités de déchéance de la nationalité française pour ceux qui ont été naturalisés, voire pour les jeunes nés et élevés dans notre pays qui ont opté pour la nationalité française.

 

Cette mesure officialise la conception sous jacente de la droite sur deux catégories de français, certains étant moins légitimes et moins respectables que d'autres, et percute de plein fouet nos règles fondamentales telles qu'elles sont rappelées dans la Constitution. Cette déchéance sera par ailleurs inopérante au regard des engagements européens et internationaux de la France qui posent des garde fous stricts à la possibilité de déchoir une personne naturalisée qui ne justifie pas posséder une autre nationalité.

 

Si dramatique et inacceptable que soit le meurtre d'un gardien d'immeuble ou d'un sapeur pompier on voit mal en quoi il est nécessaire d'ajouter aux longues années d'emprisonnement encourues une déchéance de nationalité et comment elle sera mise en oeuvre. Il s'agit là encore d'une mesure purement déclaratoire.

 

Suivant la recette du pâté d'alouette, le texte introduit en contrepartie une mention relative à la lutte contre les discriminations et la promotion de la diversité dans les entreprises côtées en bourse mais la droite a du mal à comprendre que les questions de discrimination et la promotion de la diversité ne concernent pas seulement les étrangers, ou les français fraîchement naturalisés qu'elle poursuit de sa vindicte.

 

La lutte contre les discriminations et la promotion de la diversité concernent une frange importante de la population qui est aussi légitime dans sa citoyenneté française que les autres et qui n'a aucune raison d'accepter de voir cette question traitée dans un texte sur l'immigration. Une première tentative en ce sens dans la loi Hortefeux de 2007 avait été désavouée par le Conseil Constitutionnel mais la droite a du mal à accepter la réalité de la société française aujourd'hui. Ces nouveaux textes en sont la preuve.

Fichiers attachés