Ah la Fête de l’ Huma !

Depuis une dizaine d’années, je n’avais pas eu l’occasion de retourner à la Fête de l’ Humanité que j’avais fréquentée souvent durant ma jeunesse et dont j’ai conservé de bons souvenirs de concerts sous la pluie ou assis dans l’herbe, ainsi que de mémorables débats ou grillades parties au stand du MRAP ou de communistes ultramarins.

 

Cette année j’étais conviée à participer à un débat sur l’actualité de la pensée de Frantz Fanon et je m’y suis rendue volontiers, retrouvant en parcourant les allées tous les souvenirs agréables d’autrefois, ainsi que nombre de visages amicaux.

 

Il est vrai que Frantz Fanon mérite d’être célébré. Certes, comme il a été rappelé aux débats, il est infiniment moins aimé et moins lu aux Antilles que Césaire, mais d’une part c’est que son caractère était plus aigü, plus ironique, mais aussi c’est qu’il a peu vécu aux Antilles, étant parti très jeune pour libérer la France, sa mère patrie, puis pour étudier et pratiquer la psychiatrie d’abord à Lyon, puis à Blida en Algérie.

 

Sa pensée englobe toutes les questions liées à la colonisation, et si elle se révèle d’une acuité peu commune, elle a suscité des réserves car il a pu sembler pendant la guerre d’Algérie s’opposer à son pays, ce qui a freiné l’adhésion. Aujourd’hui, on s’aperçoit cinquante ans après, qu’il avait eu des analyses prémonitoires sur les risques à éviter par les pays décolonisés quant à la construction de leur indépendance, les évènements du Printemps Arabe étant là pour nous le démontrer chaque jour. Sur cette question l’analyse jointe de Nabli Beligh, Maitre de conférences à Sciences Po est de nature à nous éclairer plus complètement. Sa pensée nous livre aussi des clés à ne pas négliger aujourd’hui concernant l’incidence des préjugés issus de la colonisation sur les relations entre les populations dans nos quartiers populaires.

 

En cette belle journée de dimanche, le débat et la flânerie parmi les stands au Bourget se sont ensuite avérés des moments de convivialité appréciables.

Fichiers attachés