Mes interventions lors du dernier conseil d'arrondissement

Je suis intervenue, lors du dernier Conseil d'arrondissement sur deux sujets importants : sur la situation du marché de la misère qui s'est développé aux portes de Montreuil puis de Bagnolet, ainsi que sur la sauvegarde du "Bus des femmes".

 

Sur le marché de la misère :



 

"Je crois que nous sommes tous conscients du fait que si ce marché de la misère s’est développé comme il l’a fait à nos portes, c’est parce que la situation économique et ce que fait ce gouvernement, créent des situations d’urgence sociale considérable. Je comprends très bien les motivations de ce vœu. Mais il me semble également que ce n’est pas la solution que nous devons rechercher. Depuis l’année dernière, depuis le développement anarchique de ces marchés, nous sommes tous passés, les uns et les autres, dans les rues concernées à Montreuil. Je crois que nous devons, et vous avez raison de le dire mes chers collègues, essayer de prendre en compte la misère, mais prendre en compte aussi la dignité des personnes concernées. Je n’ai pas le sentiment, en passant là, que l’on respecte la dignité des habitants de la porte de Montreuil, parce qu’ils ont autant le droit que tout le monde à avoir des trottoirs propres, à ne pas voir des gens acculés à faire leurs besoins devant eux, et l’on a aussi à respecter la dignité des personnes en cause. Véritablement, les conditions dans lesquelles ce marché se développe et se déroule, me semblent une véritable atteinte à la dignité des vendeurs et des habitants. Même si nous sommes conscients du fait qu’il faut rechercher des solutions pour que ceux qui ont besoin de vendre des petits objets pour survivre puissent le faire, je ne crois pas que l’anarchie actuelle soit quelque chose de tolérable. Par conséquent, il me semble qu’il était nécessaire de mettre un coup d’arrêt à ce développement inconsidéré. Il est évident que nous trouverons des solutions non pas au niveau du 20e et des habitants du 20e, mais au niveau de l’agglomération, parce qu’il s’agit d’un marché qui, de par son importance, concerne manifestement tout l’Est parisien, voire plus. Il suffit de voir les immatriculations des véhicules concernés. À mon sens, il ne faut pas que nous rentrions dans une espèce de dichotomie où il y aurait d’un côté les bons qui seraient intéressés ou sensibles à la misère, et de l’autre les méchants qui seraient des policiers. Nous en avons tous conscience, parce que nous avons affaire à un problème important et grave, qui ne dépend pas que de nous. Il me semble que nous ferions bien de travailler ensemble pour examiner avec sérénité, car ce sont des problèmes de longue haleine, les solutions acceptables. Comment faire en sorte que cette récupération puisse se faire dans des conditions acceptables, et je pense que les uns les autres, soucieux que nous sommes de respecter la dignité des personnes quels que soient leurs niveaux de revenus, nous ne pouvons pas accepter que continue à se développer ce que nous voyons à la porte de Montreuil et à Bagnolet. C’est vraiment quelque chose qui est un crève-cœur pour nous tous et ce n’est pas tolérable."

 

 

Sur le Bus des femmes :

 



"Je voudrais dire quelques mots pour soutenir tout à fait ce que vient de dire Marc WLUCZKA. Je crois que nous sommes tous conscients de la qualité du travail qui est fait par l’association le Bus des Femmes. Effectivement, sans prendre parti sur des problèmes très lourds, comme la question de savoir s’il faut abolir, ou pas, la prostitution… Je crois que la plupart des femmes qui sont amenées à fréquenter l’association sont là parce qu’elles ont eu un parcours de vie extrêmement difficile et elles sont reçues dans des conditions où elles sont respectées, et épaulées comme elles le souhaitent. Il me semble que, effectivement, il est tout à fait préoccupant de voir que le gouvernement, aujourd’hui, essaye à nouveau de s’en prendre à ces structures qui viennent limiter les effets dramatiques de la mondialisation, à des femmes qui sont arrivées sans en avoir eu totalement le choix. Il me semble que c’est d’autant plus important que cette association continue à travailler correctement, qu’aujourd’hui nous voyons remettre en cause l’aide médicale d’Etat qui profite aux femmes sans-papiers, et nous voyons, avec la nouvelle loi qui a été adoptée récemment, que la condition des femmes étrangères, surtout celles qui sont dans des situations précaires comme celles-là, va encore notablement s’aggraver. Il est d’autant plus important par notre vœu de manifester notre solidarité et d’interpeller le gouvernement sur le sort qu’il fait à ces associations qui ont pour tâche de limiter les effets néfastes de sa politique."

Fichiers attachés