Lionel Jospin aux côtés des socialistes du 20ème

Lionel Jospin invité dans le 20ème arrondissement de Paris s’explique sur sa vie et justifie son parcours politique.

 

 

 

L’IMPORTANT C’EST… L’UNITE

 

L’ancien premier ministre, Lionel Jospin, reste un acteur politique très présent. Il n’a pas renoncé à « être utile ». Invité, lundi 7 juin, au centre culturel, « 66 Pelleport » (Paris, 20ème) par le président de l’association, « Vivre ensemble dans le 20ème », Jean-Michel Rosenfeld, Lionel a raconté Jospin…

 

Devant une salle comble – une centaine de participants- et en présence d’élus socialistes dont la députée, George Pau-Langevin ; la députée, Danièle Hoffman-Rispal ; la maire du 20ème arrondissement, Frédérique Calandra ; la conseillère régionale d’Ile-de-France, Nadège Abomangoli, le conseiller d’arrondissement, Serge Wajeman ; et la secrétaire de section du 20ème, commune de Paris, Fanélie Carrey-Conte ; Lionel Jospin s’est baladé dans sa vie.

 

Passionnant d’un bout à l’autre… Il a revisité son parcours politique avec une sincérité –teintée de bonnes formules dont il a le secret- qui a séduit et suscité le respect. La nuit, Lionel raconte « qu’  il rêve souvent de meetings, de réunions, de rencontres politiques, de visages »

 

 

L’AVENTURE COLLECTIVE

 

Alors passant du rêve à la réalité, on le croise aujourd’hui dans le 20ème, il y a quelques mois dans une salle de cinéma des Halles, entouré de ses anciens ministres dont Martine Aubry ; ou dans le documentaire de Patrick Rotman diffusé dans Infrarouge sur France2, le 14 et 21 janvier ; ou au festival de Cannes dans « Le nom des gens ».



Sa démarche est moins d’exorciser le choc du 21 avril 2002 –ses amis politiques assurent qu’il ne s’est jamais remis- que de réhabiliter le bilan de la gauche et de son gouvernement pendant la période 1997-2002.

Son attachement à l’unité lui fait préférer la période de 1971 à 1981 «  la plus intéressante du livre », glisse-t-il. Un moment historique qui sonne le retour des gauches au pouvoir après 23 ans de traversée du désert. « Quand je regarde en arrière, c’est le plaisir qui domine, parfois la fierté, je sais que j’ai mêlé ma vie à, une grande aventure collective », confie-t-il.

 

 

UNE CATHARSIS

 

L’ancien premier secrétaire du PS (1981-1988) comprend ensuite que la gauche est confrontée à l’épreuve du pouvoir. Il entend le tournant de la rigueur en 1983, « la seule manière d’éviter la débâcle économique et financière. Après 7 ans comme premier secrétaire, il aspire à une fonction d’Etat. Il est ministre de l’Education nationale de 1988 à 1992. Concernant le président François Mitterrand, il dévoile son intimité politique avec lui ; mais aussi ses désaccords ; notamment sur l’affaire Bousquet.

 

Premier ministre de la gauche plurielle, il abhorre le « jeu » de la cohabitation qui l’oblige au silence sur l’exercice de la fonction présidentielle ; mais qui permet, par contre, à Jacques Chirac de critiquer le gouvernement. Ses coups sont très sévères à l’égard de Jean-Pierre Chevènement, le ministre qui l’a déçu, voir, trahi et dont la candidature à la présidentielle de 2002 a été préjudiciable à la gauche.

 

Lionel entreprend une catharsis, assez soft, son autocritique est modérée. Parmi les personnes présentes, Jacques pense qu’il a surestimé son action, « le bilan de l’opinion n’est pas forcément celui des politiques » a noté cet enseignant à la retraite.

 

 

LA DREAM TEAM

 

On sait aussi que Lionel Jospin n’était pas parti si confiant que cela dans la campagne présidentielle de 2002 qui devait être largement dominée par les questions d’insécurité.



Cela dit, l’ancien leader de la « Dream team » socialiste se veut aujourd’hui un accompagnateur, se refusant de jouer à «  la mouche du coche ». Il souhaite simplement que son livre soit utile à tous ceux qui à gauche veulent retrouver le chemin du pouvoir. A travers ce récit personnel, c’est l’histoire des socialistes et de la gauche.

 Si l’on droit tirer un enseignement de cet ouvrage, c’est l’importance de l’unité « la seule manière d’éviter une nouvelle débâcle en 2012 » conclue-t-il.

 

 

 

Max PIERRE-FANFAN

 

 

  1. « Lionel raconte Jospin » basé sur ses entretiens avec Patrick Rotman et Pierre Favier (Seuil)

 

 

 

 

 

Fichiers attachés