Le défi Michée dans le 20ème
Hier, j’ai été invitée par les protestants de notre quartier à participer à leur office du dimanche consacré à la lutte contre la pauvreté dans le monde et plus particulièrement à cette initiative de leurs instances appelée le Défi Michée qui consiste à exiger des gouvernants qu’ils respectent les engagements pris au niveau de l’ONU pour lutter efficacement contre ce fléau.
En effet, il faut toujours se rappeler que 850 millions de personnes sur terre souffrent de la faim, que 11 millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de cinq ans, et que l’extrême pauvreté induit des conditions de vie attentatoires à la dignité humaine.
Depuis 2000 les pays se sont engagées dans le cadre des Objectifs du Millénaire à réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim d’ici à 2015 ; à assurer l’éducation primaire pour tous ;à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, à réduire la mortalité infantile à assure la santé maternelle, à combattre le sida, le paludisme et autres grandes maladies, à préserver l’environnement, à mettre en place un partenariat mondial pour le développement avec allègement de la dette.
Il est certain que depuis l’adoption de ces objectifs les choses n’ont changé que très lentement et si les peuples ne poussent pas il ne se passera pas grand-chose. Certes le Président de la République française a annoncé à l’ONU récemment son intention de s’investir pour faire respecter les OMD et il s’est même prononcé pour la taxation des transactions financières mondiales susceptible de les financer, ce que les socialistes réclament depuis longtemps. Mais Nicolas Sarkozy a tellement l’art de lancer une idée et de l’oublier, voire de faire le contraire, qu’il ne faut pas s’y fier.
Hier dans cette rencontre à l’Eglise de Béthanie, j’ai entendu citer des textes d’une actualité brulante, comme celui-ci qui décrivait le comportement du bon chrétien :« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez recueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, en prison et vous êtes venu à moi. »
Certes, surtout dans un quartier populaire comme le nôtre, on peut parfois trouver la charge un peu lourde, et souhaiter la partager, mais la parole doit cependant toujours résonner dans de nombreuses consciences. En tout cas je comprends bien pourquoi à l’Assemblée cette semaine dans la discussion du nouveau texte durcissant la situation des étrangers, de nombreux chrétiens de droite étaient fort malheureux. Je ne suis pas sûre que la visite du Président à Rome change cette réalité.
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