Ce souvenir poignant de la rafle du Vel d'Hiv
Ce week end étaient organisées des manifestations rappelant cet évènement d’une gravité sans précédent que fut la rafle du Vel d'Hiv. Organisée le 13 juillet 1942 par la Préfecture de Police en collaboration avec les autorités allemandes, elle transforma durant cinq jours déplorables le Vel d’Hiv, endroit connu pour des fêtes et manifestations sportives, en lieu de désespoir et d’horreur.
Durant les quelques jours de cette opération délicatement intitulée « Vent Printanier », 13 152 juifs ont été arrêtés dans Paris et sa banlieue et déportés vers les camps de la mort. Sur les 76000 juifs déportés de France durant la guerre, environ 2500 sont revenus. Le plus triste bien sûr c’est d’évoquer l’arrestation de 4000 enfants, parfois bébés qui ont été arrêtés avec leurs parents, puis séparés d’eux et acheminés vers les camps de la mort. Ce fait est sans précédent et montre à quelles extrémités d’inhumanité le racisme et les campagnes antisémites peuvent mener un gouvernement. Les témoins, dont Mme Simone Weil, n’hésitent pas à dénoncer l‘indifférence qui a entouré le sort de ces malheureux. Ils rappellent que certains, titulaires de la Légion d’honneur ou de la Croix de Guerre n’ont pas fui, convaincus qu’ils ne pouvaient être en danger dans leur pays ou celui qui les avait accueilli, patrie de la Déclaration des droits de l’Homme.
Il a été rappelé cependant à la Cérémonie de dimanche au monument commémoratif érigé non loin de l’Ancien Vel d’Hiv, d’une part que la barbarie nazie a visé les tziganes ,déportés aussi non pour ce qu’ils auraient fait, comme les résistants, mais pour ce qu’ils étaient, tout comme les homosexuels. Il a été rappelé qu’un certain nombre de justes ont prévenu les juifs qu’ils savaient menacés ou les ont aidés à fuir. Ainsi sept policiers de Nancy sont allés systématiquement alerter les 400 juifs menacés dans cette ville. On a évoqué aussi la figure de ceux, comme les médecins, qui les ont assisté dans ces conditions inhumaines .Ainsi le Commandant des Pompiers, M. Pierret a pris la décision d’ouvrir les bouches d’incendie pour que les personnes aient accès à l’eau dans cette enceinte surchauffée .Sans doute cet épisode épouvantable a fait comprendre à l’opinion la gravité de ce qui était en train de se passer.
Une cérémonie commémorative a eu lieu aussi dans le 20° où plus de 4000 personnes ont été arrêtées, dont des centaines d’enfants. Là encore, l’émotion était au rendez vous, surtout quand on lit les noms de tout petits innocents, victimes de la barbarie nazie. Devant le bâtiment de la Bellevilloise, où sera apposée une plaque, la rescapée Rachel Jedinak témoigne que les gens en les voyant passer, soit pleuraient et se signaient, soit ricanaient. Elle raconte comment elle a pu se sauver car sa mère, ayant compris le danger, l’a forcée à partir par l’issue de secours en la giflant, et que le policier en faction devant celle-ci a détourné la tête.
On s’interroge parfois sur le devoir de mémoire et les lois mémorielles. Il me semble évident que nous devons rappeler les drames atroces qui ont été causés dans l’histoire par les préjugés, le racisme, les conflits ethniques ou religieux et ceci doit nous inciter à nous garder aujourd’hui d’entretenir ou laisser se développer tout type d’idéologie haineuse. On dit souvent « plus jamais ça » mais c’est dès le départ qu’il faut faire en sorte que la « bête immonde » soit tuée dans l’œuf.



