Visite du centre de rétention de Vincennes
Voici la dépêche AFP qui reprend notre démarche et le bilan que nous en avons tiré.
Paris, 22 fév 2008 (AFP) - Le premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé que "la contradiction de la politique migratoire de Nicolas Sarkozy est à son comble", après avoir visité lundi un centre de rétention administrative (CRA) à Vincennes (Val-de-Marne).
"Le constat que l'on peut faire, c'est que la politique du chiffre voulue par Nicolas Sarkozy et le gouvernement, et dont Brice Hortefeux est le promoteur, aboutit à mettre dans ce centre des personnes qui ne devraient pas y être et qui seront finalement libérées, parfois au bout de 32 jours de rétention", soit le délai légal maximal, a déclaré à l'AFP M. Hollande.
Le numéro un socialiste venait de visiter les deux CRA de Vincennes, d'une capacité totale de 280 places, en compagnie de plusieurs parlementaires PS (Louis Mermaz, Patrick Bloche, George Pau-Langevin, Serge Blisko) et de Malek Boutih, secrétaire national.
La plupart, en effet, "ne sont pas expulsables" vers leur pays d'origine qui, tel le Mali, refuse de les accueillir pour ne pas cautionner la politique française d'immigration, a fait valoir M. Hollande.
Le député-maire de Tulle a mis en cause "le caractère extrêmement pernicieux de la politique du chiffre du gouvernement", qui s'est fixé un objectif de 26.000 expulsions cette année, en estimant qu'elle conduisait "à faire du chiffre dans la rétention".
Cela "crée une tension palpable dans les centres de Vincennes", où plusieurs incidents récents ont eu lieu (tentatives d'incendie de chambres, de suicide, notamment), selon M. Hollande. Il s'est inquiété "des conséquences humaines de cette politique".
"Ce qui me choque le plus, a déclaré quant à lui Louis Mermaz, c'est qu'on traite ces gens, qui pour la plupart parlent français comme nous, comme si nous n'avions jamais eu de relations avec eux" et leurs pays d'émigration.
Malek Boutih s'est félicité de ce déplacement. "Cela montre que le PS ne cherche plus à déserter ce terrain et qu'il veut reprendre l'offensive sur l'immigration", a-t-il affirmé.



