Souvenir de la rafle du Vel d’hiv

VHMonum.jpg Dimanche dernier, pour l’une de mes premières sorties officielles, j’ai assisté à la cérémonie commémorative de la Rafle du Vel d’ Hiv.
 
On se souvient en effet que le 16 Juillet 1942, la police française pour satisfaire aux exigences de l’occupant nazi a décidé d’organiser une vaste rafle pour arrêter les juifs étrangers réfugiés en France, donc principalement allemands, autrichiens , polonais . Ils en arrêteront effectivement 12884 dont 4000 enfants qui seront ,pour certains, conduits au camp de Drancy,et pour la plupart entassés au Vélodrome d’ Hiver où ils resteront cinq jours sans nourriture, sans aucun confort, avec un seul point d’eau. La plupart seront ensuite acheminés vers les camps d’extermination allemands.
 
Notre ami, Maire Adjoint du 20ème, Jean-Michel Rosenfeld est un rescapé de ce sinistre épisode de l’histoire française .A la cérémonie j’ai aussi retrouvé mon cher ami Charles Palant, ancien Président du MRAP, survivant des camps, qui entretient fidèlement cette mémoire.
 

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Le discours de François Fillon comme celui de Simone Weil étaient certes d’une grande tenue et j’étais très émue à l’évocation de ces terribles faits. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’il était un peu en retrait par rapport à la déclaration de Jaques Chirac qui avait affirmé très nettement en 1995, «  ces heures noires souillent à jamais notre histoire ,sont une injure à notre passé et à nos traditions… La France ce jour là accomplissait l’irréparable. »
 
Le Premier Ministre lui, a pris soin de préciser que les jeunes français d’aujourd’hui n’étaient pas responsables des erreurs de leurs aînés, ce que d’ailleurs personne ne conteste. Sa position se situe  dans le droit fil de celle affirmée par Nicolas Sarkozy à diverses reprises sur les drames de notre histoire et  réaffirmée récemment dans son discours de Dakar, qui consiste à récuser toute repentance, notamment pour ce qui concerne la colonisation.
 
Ne pas asséner de culpabilité collective, surtout pour les générations suivantes certes, mais tous les comportements n’ont pas été équivalents : un certain nombre de familles avait pu s’échapper avant la rafle, ayant été prévenus ou volontairement « oubliés » par des policiers respectueux des droits humains. L’un de ceux-ci, reconnu comme Juste a d’ailleurs témoigné.
 
Oublier que dans le passé récent, certains se sont trompés, ont proclamé des idées ou des programmes inacceptables et ont par là même déclenché des drames affreux et honteux, ne me semble pas tirer un bon parti de l’histoire. Car, lorsque survient ensuite une situation similaire, les mêmes démons peuvent alors resurgir, et avec eux toutes ces théories de sinistre mémoire, tout juste remises au goût du jour, en omettant les excès auxquels il a fallu s’opposer. Ce n’est pas par hasard que les crimes contre l’humanité ont été déclarés imprescriptibles. Quand le réalisme suppose de fouler aux pieds les droits de la personne humaine, une petite lumière rouge doit se mettre à clignoter dans nos têtes. C’est cela pour moi, le bon usage des commémorations.  
 
George Pau-Langevin

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