Les services pénitentiaires d'insertion ne doivent pas être les bouc-émissaires de l'échec de la politique pénale de la droite !

Le 17 février 2011

 

J'ai rencontré ce matin les personnels des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) qui m'ont fait un constat affligeant de leurs conditions de travail. Dans certains ressorts, ils peuvent traiter individuellement jusqu'à 400 dossiers. Dès lors l'individualisation du suivi et sa régularité deviennent de plus en plus difficile. Même si tous les dossiers étaient affectés théoriquement à un conseiller, celui-ci n’aurait pas pour autant la possibilité matérielle de suivre réellement toutes les mesures.

Dans ce contexte de pénurie, hiérarchiser les dossiers constitue une tentative pour traiter les plus urgents, ceux concernant les condamnés les plus dangereux. Les critiques adressées au plus haut sommet de l’Etat à ces fonctionnaires ne prennent pas en compte la réalité de leur travail alors que souvent, faute de greffiers et d’agents administratifs, ils reçoivent les condamnés sans la copie du jugement ou sans dossiers et ne peuvent les revoir que de manière espacée.

Ce manque de moyens et ces sous-effectifs, résultat des politiques menée par ce gouvernement de droite, sont regrettable : des professionnels compétents, aimant leur métier, ne peuvent contribuer efficacement à la baisse de la récidive et à la réinsertion des condamnés. C'est pourtant ce pour quoi il ils luttent quotidiennement et ce que la société espère impatiemment. Il est singulier de prétendre lutter contre la récidive en privant de moyens, les services qui s’y emploient.

Dans ces conditions, le limogeage du directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes est un nouveau leurre pour détourner l'attention des responsabilités encourues en haut lieu et pour désigner des boucs émissaires assumant l’échec du gouvernement.

Nicolas Sarkozy n’a pas plus fait diminuer la récidive ou la délinquance que le chômage ou la pauvreté.