Interview de Maud Olivier, Maire des Ulis et conseillère générale de l'Essonne, par Max Pierre Fanfan
« LES FRANÇAIS ORIGINAIRES DES DOM CONNAISSENT LES MÊMES DIFFICULTES QUE LES POPULATIONS IMMIGREES »
M.P-F : En quelle année remonte votre élection ?
M.O : J'ai été élue maire des Ulis au terme du second tour des élections municipales de mars 2008. Mon principal adversaire était le maire sortant chevènementiste, Paul Loridant. Cet édile est resté en fonction pendant 31 ans ; atteint par l'usure du pouvoir. Par ailleurs, je suis conseillère de l'Essonne depuis avril 2002.
M.P-F : Quelles sont les caractéristiques des Ulis ?
M.O : Les Ulis sont une ville populaire de 25200 habitants. On y trouve, par exemple, 52% de logements sociaux. Mes concitoyens sont d'origines diverses. Beaucoup viennent du Maghreb, en poste notamment chez Renault. Un grand nombre d'Afrique sub-saharienne. Et bien sûr une communauté domienne.
M. P-F : Quel est le nombre d'associations antillaises aux Ulis ?
M .O : La ville est riche de nombreuses associations dont les trois associations des DOM.
M.P-F : Nos compatriotes d'outre-mer rencontrent-ils des problèmes spécifiques ?
M.O :Quelques-uns sont victimes de discriminations pour l'accès au logement privatif. D'autres rencontrent des difficultés à l'embauche et à la promotion dans l'entreprise. Certains jeunes sont victimes de délit de faciès.
M.P-F : Sont-ils impliqués dans la vie de la cité ?
M.O : Pas suffisamment à mon souhait...On peut le regretter.
M.P-F : Avez-vous des conseillers originaires des DOM dans votre conseil municipal ?
M.O : Parmi les 27 élus de gauche, nous comptons 3 antillais. Rose-Marie Boussamba, maire -adjointe au logement. Nicole Loza, chargée de la lutte contre les discriminations. Pierrette Berthelot, chargée de l'animation des quartiers.
M.P-F : La mairie apporte-t-elle des actions spécifiques en faveur de cette communauté ?
M.O : Notre municipalité doit rattraper le temps perdu. Nous nous efforçons d'apporter des réponses à nos compatriotes des DOM mais aussi à tous nos concitoyens. Notamment, avec la mise en place de plusieurs dispositifs en faveur de l'emploi et aussi dans la construction d'équipements sociaux.
M.P-F : Votre municipalité a-t-elle été sensibilisée par la crise sociale et économique dans les DOM ?
M.O : Nous avons tenu à informer nos concitoyens domiens mais aussi tous les habitants des Ulis. Nous avons organisé des débats avec des spécialistes de l'outre-mer, notamment, avec la députée socialiste George Pau-Langevin ; réalisé des projections de films (« Neg'marron » « l'avenir est ailleurs »). Je tiens également à souligner que nous avons commémoré, pour la première fois, le 10 mai date de l'abolition de l'esclavage et de traite négrière.
M.P-F : Citez-moi des personnalités domiennes qui font toujours la fierté de votre ville ?
M.O : Thierry Henry, membre de l'équipe de France de football et Firmine Richard, comédienne de talent.
Max PIERRE-FANFAN



