Bilan de Brice Hortefeux : non sens et politique du chiffre

Alors que le groupe socialiste vient d'être reçu par le Conseil Constitutionnel pour lui faire part de ses observations juridiques quant à la constitutionnalité de la loi Immigration, Intégration et asile, notamment sur les deux articles emblématiques concernant les tests ADN et les enquêtes ethniques , Brice Hortefeux poursuit sur sa lancée et présente le bilan de son Ministère.

 

Etrange démarche en effet que la présentation d'un bilan seulement 6 mois après la création de celui-ci. Le Ministre n’a d’ailleurs toujours pas pu justifier l’adjonction de l’identité nationale aux autres termes de sa dénomination, clin d’oeil à de vieilles thèses soutenues à droite de la droite.

 

Ce bilan est un non-sens car il présente principalement des chiffres d'éloignement comme critère de qualité de la politique de maîtrise des flux et ce pour montrer aux français que la police veille. Peu importe si, pour obtenir de tels résultats, on pousse à la défenestration ou au suicide nombre d’étrangers pourchassés ; s’il faut renvoyer des mineurs sans solution ou des personnes venant de pays en guerre comme la Palestine ou l’ Irak, si on arrête et reconduit des étrangers qui passaient seulement par notre pays pour se rendre en Angleterre ou en Norvège. Le Ministre omet aussi de signaler que nombre de personnes reconduites à la frontière pour améliorer les statistiques ont vocation à revenir, comme à Mayotte ou en Guyane où il leur suffit de retraverser le Maroni en barque.

 

De même, habitué à faire du chiffre avec les expulsions de bulgares ou de roumains, le gouvernement continue à les reconduire sans ménagements alors que leur pays est maintenant entré dans l'Europe et qu’ils sont donc parfaitement habilités à revenir. Il n'est pas possible de traiter ainsi des citoyens européens.

 

Les chiffres annoncés montrent plutôt le piètre résultat de cette politique malgré l’ampleur des moyens déployés et le nombre d’arrestations effectuées.

Il est par ailleurs singulier de réserver les emplois non qualifiés utiles à nos entreprises aux ressortissants des autres pays européens qui éprouvent souvent les mêmes besoins de main d’œuvre, pour rechercher au contraire dans les pays émergeants les personnes hautement qualifiées nécessaires au développement de ceux-ci.

 

Avec le Parti Socialiste, je continuerai à dénoncer cette politique inhumaine, à plaider pour une réflexion en profondeur sur les causes de l'immigration, et pour des actions efficaces d’information et de coopération dans les pays d’origine, seules à même de nous permettre d’avancer dans la bonne direction.

Fichiers attachés